Une palette penche, une planche pend, un dé a bougé. Faut-il vraiment la prendre avec votre chariot élévateur ?
Un mauvais geste peut faire tomber toute la charge. Vous voyez quand refuser la manutention d’une palette endommagée, sans vous mettre dans l’embarras.
Chariot élévateur et palette endommagée : quand refuser la manutention
Repérer et évaluer les défauts
Refusez une palette abîmée dès qu’elle risque de céder. Elle peut aussi déstabiliser sa charge ou abîmer votre chariot. Une planche cassée, un dé déplacé, une fissure profonde ou un élément manquant : dans ces cas-là, arrêtez la manœuvre.
Avant d’engager les fourches, prenez le temps de contrôler :
- Les planches supérieures et inférieures : aucune ne doit être cassée, trop fendue ou détachée.
- Les dés et traverses : cherchez les pièces manquantes, pivotées, écrasées ou largement éclatées.
- Les pointes et clous : méfiez-vous des extrémités métalliques visibles, qui peuvent blesser ou gêner le passage des fourches.
- La surface d’appui : la palette doit rester plane et reposer sur ses éléments porteurs.
- La charge : vérifiez que les colis ne penchent pas, ne dépassent pas fortement et restent bien maintenus.
Une simple marque ou une légère usure ne rend pas forcément une palette inutilisable. Par contre, si sa résistance ou l’équilibre de la charge ne sont plus garantis, elle n’a rien à faire en manutention.

Décider, alerter et mettre à l’écart
Dans le doute, ne tentez pas un déplacement « juste pour voir ». Posez les fourches et immobilisez le chariot. Éloignez les autres opérateurs : une charge fragilisée peut lâcher à la prise, au freinage ou dans un virage.
La mise à l’écart se fait en quatre temps :
- Arrêter la manœuvre dans une zone qui ne gêne ni les piétons ni les autres engins.
- Signaler le défaut au responsable ou à la personne chargée du tri.
- Délimiter la zone si la charge menace de tomber ou si des clous dépassent.
- Faire contrôler la palette avant toute réparation, réutilisation ou destruction.
Ne démontez jamais une palette chargée. Ne la réparez pas non plus dans une allée de circulation. Si elle porte des produits lourds, instables ou dangereux, faites d’abord sécuriser la charge. Une palette EPAL endommagée doit être réparée par une entreprise titulaire d’une licence EPAL.
Défauts des palettes EPAL qui imposent le retrait ou la réparation
Critères de retrait EPAL
Une palette Europe EPAL perd son caractère échangeable si un défaut la rend impropre à l’usage. Une simple marque ou une légère usure ne suffit pas : sa résistance et l’équilibre de la charge doivent être compromis. Les pièces cassées, manquantes, pourries, moisies ou fortement éclatées imposent son retrait.
Concrètement, sont concernés :
- Une planche manquante, cassée en biais ou cassée dans le sens de la largeur.
- Un dé manquant ou fendu, avec plus d’une tige de pointe visible.
- Un dé pivoté de plus de 10 millimètres par rapport au bord extérieur.
Réparation et remise en service
Une EPAL endommagée ne retrouve son statut échangeable que si elle est réparée par une entreprise titulaire d’une licence EPAL. La réparation remplace les éléments défectueux par des pièces conformes aux prescriptions techniques.
Une fois réparée, la palette doit encore passer un contrôle avant de retourner en manutention :
- Les planches sont correctement fixées.
- Les dés restent alignés et solidaires.
- Les pointes ne présentent aucun risque d’accrochage.
- Aucune souillure ne menace le produit transporté.
Les dommages de palette déstabilisent la charge et augmentent les risques
Stabilité de la charge
Une palette endommagée peut ne plus soutenir la charge sur toute sa surface. Les colis risquent alors de s’affaisser ou de glisser, et une planche peut rompre sous leur poids.
Contrôlez l’ensemble palette et chargement avant la prise :
- la charge reste centrée sur le support
- les colis lourds se trouvent sous les colis plus légers
- aucun élément ne dépasse de manière dangereuse
- le film, le cerclage ou le sanglage retient réellement les produits
- la palette correspond aux dimensions de la charge et du rayonnage
Prévenir le glissement et le basculement
Sur une palette dont l’état permet la manutention, engagez les deux fourches à fond sous le support, puis soulevez légèrement et observez la réaction de la charge. Inclinez le mât vers l’arrière avant de reculer.
Pour limiter les mouvements de la charge :
- rapprochez-la du dos des fourches
- gardez-la à environ 15 centimètres du sol pendant le transport
- réduisez la vitesse sur les sols humides, irréguliers ou encombrés
- évitez les arrêts et les changements de direction brusques
- faites-vous guider si la charge vous masque la visibilité
N’ajoutez jamais de poids à l’arrière du chariot pour compenser une charge trop lourde. Vous fragiliseriez l’engin et augmenteriez le risque de renversement.
Chute de charge : les risques liés au chariot élévateur
Accidents et facteurs de risque

Une charge qui tombe peut écraser un salarié. Elle peut aussi abîmer la marchandise ou provoquer une collision. Parfois, la palette rompt ou les colis basculent, et le chariot perd son équilibre.
Une palette endommagée peut tomber ou perdre son contenu, écraser un piéton dans une zone de circulation, abîmer la marchandise, provoquer une collision ou faire perdre son équilibre au chariot.
Réduire les risques pendant le déplacement
Pendant la circulation, retenez trois règles :
- Attachez-vous avec la ceinture ou utilisez le dispositif de retenue prévu.
- Ralentissez avant les virages et les intersections.
- Ne faites pas demi-tour dans une pente.
Ne stationnez pas avec une charge suspendue. Ne laissez jamais un chariot abandonné dans une allée. À l’arrêt, abaissez les fourches.
Réglage des fourches pour soutenir une palette sans l’aggraver
Prise de la palette

Pour bien régler votre écartement des fourches, visez les points de résistance de la palette. Trop rapprochées, elles concentrent l’effort sur une petite zone. Mal positionnées, elles peuvent casser une planche ou pousser la charge hors du support.
Pour prendre une palette :
- Alignez le chariot sur son axe.
- Placez le mât à la verticale.
- Vérifiez que les deux fourches sont à la même hauteur.
- Engagez-les à fond sous la palette.
- Contrôlez que leurs extrémités ne dépassent pas dangereusement.
- Soulevez légèrement et observez la réaction de la charge.
- Inclinez le mât vers l’arrière avant de reculer.
Ne prenez jamais une palette avec une seule fourche. La charge se déséquilibre, une planche peut rompre et tout le chargement risque de basculer.
Déplacement et gestes à éviter
N’essayez pas de redresser une palette endommagée avec les fourches. Vous risqueriez de casser une planche, de déséquilibrer la charge ou de pousser celle-ci hors de son support.
Ne forcez pas une planche pour dégager une charge coincée. Ne poussez pas une autre palette avec le bout des fourches et ne prenez jamais une palette avec une seule fourche. Ces gestes peuvent casser une planche, déséquilibrer la charge ou déformer les éléments du chariot.
Charge admissible et usage prévu déterminent le choix de palette
Capacité et configuration de stockage

La capacité d’une palette dépend de son modèle, de son état et de la façon dont la charge repose dessus. Une palette EPAL 1 mesure 800 par 1 200 millimètres. Sa charge maximale annoncée atteint 1 500 kilogrammes dans les conditions prévues.
La capacité du chariot dépend du poids et des dimensions de la charge. Elle dépend aussi de la hauteur de levée et de la distance entre le centre de gravité et le tablier. Plus cette distance augmente, plus la capacité utilisable baisse.
Vérifiez le poids total. Vérifiez aussi la compatibilité entre la palette, les fourches et les supports. Les plaques de charge du palettier indiquent les limites par niveau ou par emplacement. Une palette abîmée n’entre jamais dans un rayonnage, même si son poids reste sous la limite.
Choisir une palette adaptée
Choisissez une palette adaptée au produit, au mode de stockage et au moyen de manutention. Un support prévu pour le sol n’offre pas les mêmes garanties qu’une palette conçue pour un rayonnage.
Le choix repose sur deux critères. Le premier est la dimension : elle doit correspondre au produit, au rayonnage et à l’espace disponible. Le second est la charge dynamique, c’est-à-dire ce que la palette supporte pendant les déplacements avec le chariot.
Humidité et souillures : des défauts à évaluer avant manutention
État du matériau
Une humidité de surface, due à la pluie ou à un usage extérieur, peut être tolérée sur une EPAL. Mais le bois doit rester assez solide. Un bois moisi, pourri ou vermoulu ne garantit plus la capacité de charge.
Avant la manutention, recherchez :
- des zones molles sous la pression du doigt ou d’un outil de contrôle
- une déformation des planches
- des traces de moisissure étendues
- des fissures qui s’ouvrent quand la palette est soulevée
- de l’eau retenue entre la charge et le support
Une humidité de surface ne suffit pas, à elle seule, à rendre une palette impropre à la manutention. Si l’humidité empêche de vérifier l’état du bois, séparez-la des palettes sèches et contrôlez-la de nouveau une fois sèche. Le séchage ne répare pas une pièce qui a déjà perdu sa résistance.

Propreté et stockage
Une palette doit rester assez propre pour ne pas salir ni contaminer les marchandises. Des traces d’huile, de peinture, de produits chimiques ou de boue peuvent justifier son retrait si elles menacent le produit transporté, même si la structure paraît solide.
Stockez les palettes à l’écart des zones humides, dans une pile stable. Évitez de poser une palette humide dans un rayonnage ou sous une charge lourde sans contrôle. L’humidité rend le sol glissant et peut faire perdre le contrôle du chariot.
Consignes de tri et formation encadrent le refus de manutention
Organiser le contrôle et le tri
Le refus devient plus simple quand les critères sont écrits et connus des personnes concernées. Votre procédure peut distinguer les palettes utilisables, celles à contrôler, celles à réparer et celles à détruire.
Prévoyez un contrôle :
- à la réception des marchandises
- après un choc avec un chariot
- avant l’introduction dans un palettier
- après une exposition prolongée à l’eau
- lorsqu’une charge a basculé ou s’est déplacée
Former les équipes et encadrer la conduite
La formation doit apprendre à :
- lire la plaque de capacité du chariot
- reconnaître une palette impropre à la manutention
- signaler une anomalie sans poursuivre la manœuvre
Signalez tout défaut du chariot, des fourches ou de la charge tout de suite. Le chariot ne reprend le travail qu’une fois les défauts dangereux réglés.
Si une palette a perdu sa solidité, ne tentez pas de la remettre en manutention sur place. Une EPAL endommagée ne retrouve son statut échangeable qu’après réparation par une entreprise titulaire d’une licence EPAL. Faites ensuite contrôler la palette avant son retour en manutention.





